vendredi 19 février 2010

Kolkata, me revoila, dirladirladada!

Je vais essayer de reprendre un rythme plus régulier dans les post, j'ai pris du retard et il s'est encore passé tellement de choses que je vais forcément oublier de narrer une bonne part de détails palpitants, je vous pris de m'en excuser à l'avance!
Pour vous resituer un peu, je suis de retour à Kolkata depuis quelques jours, après ma virée de 15 jours à Jalpaiguri... Cela signifie pour moi le retour des moustiques, quasi absents dans le Nord, ils m'ont fait une "piqûre de rappel" si vous me permettez l'expression!!! Ils ne m'ont pas loupé, j'arrive néanmoins entre deux grattements à commencer ma mission plus concrètement... dans la moiteur de ce début de Printemps, c'est fou comme en 15 jours d'absence la température a augmenté à Kolkata... J'ai d'ailleurs eu le droit à mon premier orage indien, pluie d'iluvienne en bonus (de ma nouvelle chambre au premier étage avec 12 fenêtre, vue panoramique assurée sur le ciel déchaîné!), c'est tombé bien sûr pile le soir où j'avais décidé de laisser mon linge seché sur le toit pour la nuit, pour le coup mon troisième oeil n'avait rien vu venir!!!

Mais, soyons ordonnés et commençons par décrire la vie à Jalpaiguri!
Je vous avais quitté prête à embarquer pour une excursion direction Kalimpong me semble t-il....
Ces quelques jours loin des centres nous ont fait découvrir un autre versan de l'Inde, beaucoup plus occidentalisé, où l'on parle Népali, où l'on mange d'excellents momos (aux légumes, au porc ou encore au poulet) pour une poignée de roupies. Dépaysement garanti, et tout cela à moins de 2h30 de jeep et 70 roupies par personne! A ce propos, en Inde, pays où rien n'est impossible, on rentre aisément à 12 dans une jeep 6-8 places, nous en avons fait la douloureuse expérience! Ce fut vite oublié quand nous avons découvert le confort de notre hôtel: Une propriété tenue par une famille de Népalais, connaissant très bien la région ce qui nous a permis de faire de belles randonnées, de visiter des temples boudhistes et d'obtenir une jeep pour retourner à Jalpaiguri comme prévu malgré les complications politiques. En effet, dans le disctrict de Darjeeling, Gorkhaland lutte pour l'indépendance avec le West Bengal, au détriment de la population qui subit de nombreuses pressions: interdiction de payer l'électricité au gouvernement indien, obligation de porter un drapeau de Gorkhaland sur leur maison, arrêt de la circulation dans Kalimpong 2h par jour, interdiction d'acheter de l'alcool et sûrement etc...
donc revenons à notre hôtel, situé à l'entrée de Kalimpong, à flanc de montagne, dans un jardin d'orchidées, des petits cottages en bois, reliés par des petits escaliers au milieu de la verdure, un bonheur pour se reposer quelques jours! A coups de partie de Uno, de promenades, de shopping (thé off course! Fromage, jus de mangue et autres mets délicieux, vous remarquerez que je n'ai toujours pas l'estomac dans la poche mais pour notre plus grosse honte, nous nous sommes rendu compte que nous n'arrivions viscéralement pas à laisser la nourriture hors de la discussion plus de 5 minutes...) d'orgies de momo (qu'est ce que je disais!!) et de bières indiennes, de douches à l'eau chaude(!), de lecture sur la balancelle, nous avons aisément rempli nos journées! Le soir, plaisir ultime, nous avions un service de bouillotes à domicile! C'est que les nuits de Kalimpong sont les plus fraîches que je n'ai connu depuis bien longtemps, il n'est pas bon sortir un orteil de sous ses 5 couvertures polaires!!!
Si je peux me permettre une critique, et ce sera bien la seule: le ciel n'a jamais été assez dégagé pour nous permettre de voir au loin la chaîne de l'Himalaya, ce n'est pourtant pas faute d'avoir plissé les yeux!

De retour à Jalpaiguri, l'observation des enfants et du fonctionnement des centres reprend son cours, je continue à aller de découvertes en découvertes:
- les ananas ne poussent pas dans des arbres mais bien au raz du sol! J'ai dormi, en effet, durant tout mon séjour entourée d'une palmeraie, d'un tea garden et d'un champ d'ananas... on fait pire voisinage!
- à la radio locale, ils passent Beyoncé, les black eyed peas ou encore la macarena !!!!
- je prends maintenant le bus seule et je connais le nom des arrêts!
- A mi bengla sikchi (=j'apprends le bengla!)
- Les Hide and Seek ont réussi à remplacer dans mon coeur les gâteaux ronds Princesse!
- Le mariage de Nicolas Sarkozy avec Carla Bruni a fait grand bruit en Inde!
- J'ai appris à fait un plâtre avec Dalhia Di!
- J'ai appris à faire (ou devrais-je dire j'ai tenté de faire sans grand succès) des chapatis ronds! Ce sont des galettes qui remplacent le pain ici et que l'on mange au petit-déjeuner, ou bien pour accompagner les plats

A Bacuabari, où nous avons posé nos bagages avec Mathilde, la vie est paisible, nous passons beaucoup de temps avec les plus petits, dont beaucoup sont soit IMC (infirmes moteurs cérébraux), autistes, trisomiques, hyperactifs ou encore présentent des retards mentaux.
Onamika, une petite autiste, qui, dès qu'on lui enlève les attelles qu'elle porte en permanence aux bras se mord et se frappe la tête contre les murs, j'ai pris du temps avec elle, l'aider à manger, jouer avec elle, essayer de capter son regard, et aprés plusieurs jours d'apprivoisement mutuel, elle m'a offert un sourire merveilleux avant de s'endormir dans mes bras... un moment de pur bonheur!
Alima, une petit fille sourde, qui marche en béquilles, avec des kalipers pour limiter les déformations au niveau des pieds, pour qui avec du travail, la marche sans béquilles pourrait être envisagée, ce à quoi nous allons nous ateller avec Mathilde, on espère lui permettre ainsi de communiquer par signes lorsque ses deux mains seront libérés... Cette petite est la joie de vivre incarnée, son visage rayonne dès que l'on s'occupe un peu d'elle...
J'ai passé pas mal de temps avec les "big girls" qui étaient en vacances après leurs examens annuels, nous avons joué à pleins de jeux en bengali où je n'ai pas compris grand chose à part qu'il fallait courrir, sauter ou chanter! Nous avons, pour la première fois de notre vie, danser avec Mathilde la macarena devant un parterre de filles de corvée de patates dans la cuisine, et en chantant s'il vous plait! Ça n'a pas fait un bid comme le madison à Ashaneer, ouf!
Nous avons travaillé avec Dalhia Di, la Didi qui gère le centre, elle parle un peu français avec un accent extraordinaire! Nous préparons, avec les autres volontaires paramédicaux et elle, un training sur les "cérébral palsy", c'est à dire sur les enfants IMC, en anglais s'il vous plait! Nous sommes donc en grande préparation de nos cours respectifs: defintions, causes, déformation, évaluation, rééducation, matériel etc.

J'ai aussi passé du temps avec les filles de Maria Basti, le centre assez isolé pour les 14 filles dites "retardées mentales". Je les ai accompagné à Dos Biga, le workshop dans lequel elle vont plusieurs jours par semaine pour travailler: fabrication de craies, d'enveloppes, de tressage de dessous de plats, bjoux, préparation de feuilles de thym pour la cuisine, de confitures etc... J'ai dormi une nuit avec elles à Maria Basti. L'ambiance y est un peu glauque la nuit, les filles ne sont pas très occupées, on sent que l'équipe des didi est en souffrance d'être ainsi isolées et les dada sont un peu mis à l'écart... Avant le dîner, j'ai eu la joie de découvrir LE "plus belle la vie" indien, et puis très mal tourné en plus! Deux heures devant et je n'en pouvais plus, la niaiserie des programmes tv est universelle! Et j'arrêterais de me plaindre des pubs incessantes à la tv française, ici ce n'est pas une page publicitaire qui coupe un feuilleton mais au moins trois! J'ai du voir durant ces deux heures au moins 10 fois la publicité pour Colgate, le meilleur dentifrice au monde!
Mais, cela valait le coup de souffrir en silence, pendant tout ce temps, les didi en cuisine nous ont préparé.......... DES MOMO!!!!!!
Après une nuit difficile (il y a une bête invisible qui mange le bois qui avais élu domicile juste en dessous de mon oreiller!), avec le soleil la vie est tout de suite plus rose à Maria Basti, j'ai appris avec les filles à confectionner des bougies, tout en apprenant le bengali! Veena Rose, une jeune très patiente, est élue officiellement professeur de Bengali, elle parle très bien anglais et s'acharne à ce que je comprenne bien tout ce qui se passe, je la bénis! En contre-partie, j'ai promis à mon retour de faire des cours d'anglais aux filles! (moi prof d'anglais... elles n'ont peur de rien!)
Ces filles sont très attachantes et même si l'idée d'aller vivre là-bas m'a d'abord effrayée, elle sont très en demande et cette expérience sera certainement très enrichissante!

Durant ce séjour, j'ai aussi assisté à l'inauguration des panneaux solaires dans un autre centre: Mogradangi, construits avec l'aide de Fanny, une volontaire ingénieure Suisse et financé par une association Suisse "Les amis de Calcutta". Nous avons bu du thé ou du café avec de l'eau à 80 degrés sortant directement du robinet relié aux panneaux, accompagné d'un goûter, servi dans d'adorables assiettes en feuilles de bananier cousues! Haaaa la douche chaude.... j'ai enfin compris (maintenant qu'il fait assez chaud pour prendre une douche froide...) que pour pouvoir se laver à l'eau chaude, il suffit de venir à la cuisine avec son baquet vide!
Du coup, les Suisses de l'association sont restés quelques jours, et à coups de "c'est juste, ou bien...?" (avec l'accent s'il vous plait!), nous avons visité une grande forêt, réserve sauvage d'animaux où l'n peut circuler à certains endroits précis en Jeep... On nous avait promis l'éléphant, le tigre et la panthère noire(!), nous nous sommes contentés du rhinocéros, du bison, des paons et du singe... c'était néanmins très beau et très calme. Nous avons ensuite assisté à une représentation de danse tribale, c'est impressionnant comme jamais une des filles ne marche sur le pied de l'autre, on croirait voir bouger une bête à milles pattes: époustouflant!

Néanmoins, ces derniers jours ont été gâchés par l'arrivée d'une mauvaise nouvelle: Etienne, qui est là depuis bientôt 6 mois, doit renouveller son visa. Nous pensions tous que comme prévu, il partirait 2 mois au Bengladesh, mais finalement, 15 jours avant son départ, les MEP lui donnent l'ordre d'aller passer les 6 prochains mois de sa mission au Cambodge, sans guère plus d'informations. Aprés avoir appris une nouvelle langue, après avoir réussi à s'intégrer, après avoir planifier sa mission, des projets à long terme, l'envie de connaître un cycle de vie dans un pays d'un an etc, tout tombe à l'eau... et 15 petits jours pour faire les démarches administratives, se préparer à l'idée de partir construire quelque chose ailleurs et dire au revoir aux gens d'ici... Nous avons préparé avec Mathilde un mail, pour prévenir les MEP qu'il était hors de question que les choses se passent de la même manière, ou en tout cas pas dans les même conditions... Nous leur avons proposé quelques autres alternatives pour pouvoir passer deux mois à l'extérieur de l'Inde pour refaire une demande de visa et terminer notre mission ici comme prévu...
Cette nouvelle loi Indiennemet tout le monde dans l'embarras: les volontaires, HSP, le partenaire local qui avait prévu d'avoir plusieurs volontaires pour une durée de 1 an, et les MEp qui doivent faire face à une nouvelle situation problématique...

Oyé Oyé ceci est un appel d'urgence:
Si, par le plus grand des hasard, vous avez des contacts qui accepteraient de nous accueillir Juillet-Août pour une mission courte, dans un pays proche de l'Inde, nous sommes vivement intéressées!!! Merciiii

En attendant, le moral est donc retombé comme un soufflé, de plus, aprés un mois d'observation où tout est magnifique, tout est dépaysant ("les klaxons c'est asourdissant, ca empêche de dormir, mais quelle ambiance, c'est génial!") on commence à voir les failles du système, les mésententes, la hiérarchie, les difficultés de prise de décision, le manque de connaissance et les dysfonctionnements du système scolaire face au handicap, le manque de moyens etc... Difficile parfois de se projeter là-dedant, de savoir ce qu'on peut apporter, nous pauvres occidentaux avec nos principes d'éducation, nos habitudes de confort et notre manque de patience! Il est vrai que le fait de quitter Mathilde, ma super-compagne-de-route depuis un bon mois, doit jouer aussi... Mais, j'ai confiance et après la crise passagère, la bonne humeur sera bientôt de retour quand j'y verrais un peu plus clair!

Pour l'instant de retour à Kolkata, je commence à évaluer quels sont les enfants qui ont des difficultés pour écrire et pour manger et boire, au niveau physique, ce qui nécessiterait des adaptations. En effet, Dalhia Di m'a proposé d'enmener du matériel de Jalpaiguri, vu que les centres du Nord sont mieux fournis de ce côté là et que j'y retourne dans 15 jours pour le training de physio.Je vais aussi au workshop de couture où j'apprends la broderie et le bengla: 2 en 1, malheureusement pour l'instant je n'arrive pas à instaurer mes 2h de bengla par jour, aie! Je prends aussi des cours de photoshop, c'est merveilleux tout ce qu'on peut faire avec ce logiciel!!! Voici le fruit de ma première leçon, il paraît que c'est très Suisse, c'est juste, ou bien?!

En me promettant solennellement devant vous tous réunis devant vos écrans de tâcher d'écrire plus régulièrement (c'est que ça vous fait un sacré pavé indigeste là!), je vous embrasse en vous remerciant encore et toujours d'être là derrière moi, je vous sens derrière mon épaule et ça m'aide à aller de l'avant chaque jour! 9Wou c’est beau ce que je dis !!)

Je vous donne mon adresse, au cas où il vous resterait un blog de foie gras de noël à finir(!)... (J'y suis jusqu'a Mai, si Tapati Di accepte de me laisser repartir dans le Nord ensuite!)
Estelle Petit
Howrah South Point - Ashaneer
P-249, Andul Road
Halderpara
HOWRAH - 711109
INDIA



mardi 2 février 2010

La campagne, ses vaches, ses chevres, son calme et son internet bas debit ^^

Que de choses se sont passées depuis mon dernier article !!! ( Je crois que c'est la phrase bateau que je pourrais mettre au début de chaque article tellement la vie est extraordinaire ici!)

Je suis actuellement à Bakuabari, un des quatre centres HSP de Jalpaiguri, en pleine campagne à 600km au nord de Kolkata. Les différents centres sont assez loin les uns des autres et bien que pour certains il suffisse d'une demi-heure de vélo, il faut souvent prendre le bus pour joindre deux centres (ca ne présage rien de bon, ici ce n'est pas kolkata, il n'y a pas deux bus qui font la course à qui prendra en premier les voyageurs!)

Bakuabari accueille une centaine d'enfants, dont une partie sont handicapés mentaux et scolarisés sur place dans des classes organisées par niveau avec deux didi pour chaque classe.
Jordighi accueille une cinquantaine de garcons, pour la plupart handicapés moteurs (spastic children, pieds bots, maladies congénitales...) ou orphelins qui sont scolarisés à l'école du village.
Mogradangi accueille une centaine d'enfants, pour une partie handicapés moteurs. C'est aussi une grande école qui est ouvert à un grand nombre d'enfants du coin.
Enfin, Maria Basti est le centre le plus isolé, nous avons pris un rickshaw (petit véhicule à trois roues, une sorte de voiture sans permis au design très élegant!!!) pour s'y rendre et ils ne disposent que de 4h d'électricité par jour, grâce à des panneaux solaires... aprés Howrah, je découvre un autre visage de l'Inde! Y sont accueillies une vingtaine de jeunes femmes handicapées mentales, et moteurs pour quelques unes d'entre elles. C'est le centre où je serais certainement logée lorsque je serais en mission vers Jalpaiguri, ca me fait un peu peur mais c'est aussi une grande aventure à vivre, se retrouver seule, changer ses habitudes pour quelques mois d'une vie differente!

Après plus de quinze jours à ne pas trop savoir où j'allais aller, ce que j'allais bien pouvoir apporter à HSP et à quoi allait ressembler cette année, je commence à en savoir un peu plus! Enfin, disons que je commence à comprendre que c'est à chacun de construire sa mission, à proposer ses idées quitte parfois à les imposer car en Inde, il s'avère que dans nombre de situations, personne ne prend la décision de dire quelque chose et que des situations peuvent rester sans bouger durant des mois! C'est ainsi que jusqu'à maintenant, personne ne s'est prononcé sur mon éventuelle affectation dans un centre!
Depuis mon arrivée, j'évalue donc la situation dans les différents centres pour les enfants handicapés afin de pouvoir proposer des idées, des améliorations, des changements pour leurs permettre une meilleure autonomie... Et vu que les centres de Howrah et de Jalpaiguri se disputent les volontaires, je vais tâcher de partager mon temps entre les deux lieux! Je pense commencer par passer 3-4 mois à Howrah, à Ashaneer qui est le seul centre à acuueillir des enfants handicapés puis je reviendrais dans la seconde partie de ma mission à Jalpaiguri, où j'interviendrais dans les différents centres. Il y a notamment pas mal de bidouille à faire sur les fauteuils roulants... C'est fou de voir qu'ici, leurs fauteuils ressemblent à ceux de l'avant-guerre en France...
Mathilde, pour sa part, va certainement passer tout le temps de sa mission à Jalpaiguri, où elle interviendra en tant qu'orthophoniste auprès de certains enfants de plusieurs centres, son travail nécessitant d'apprendre tout d'abord le bengali ainsi qu'un suivi au long cours.

En ce qui me concerne, c'est décidé: à partir de Lundi prochain, 2h de bengali par jour !!! Parce que "balo" (=Bien), "Como nacho?" (=Comment ca va?) et "Amar nam Estelle" (=Je m'appelle Estelle) ca ne va pas me tenir un an!

A Jalpaiguri, nous avons rejoins Pierre, un autre volontaire que nous avions rencontré à la formation MEP et qui est podologue, depuis deux mois à Jordighi, avec lui, nous avons visité les différents centres. Nous avons aussi rencontré Fanny, une volontaire Suisse, à HSP depuis Octobre 2008 et qui installe des panneaux solaires dans les différents centres!
C'est grâce à elle (et pour le coup, je la bénis!) que je peux prendre des douches à peu près chaudes depuis que je suis à Jalpaiguri!

Par contre, la température n'étant pas tout à fait la même qu'a Kolkata, nous avons rapidement fait l'acquisition de grands châles, hé oui en France cela fait très mamies mais ici c'est hyper fashion!!
Et la température n'a pas fini de baisser: nous partons jeudi matin pour quatre jours à Kalimpong, dans la montagne proche de la frontière avec le Népal, une sorte de Darjeeling en moins touristique et donc moins cher! 2h30 de Jeep et à nous monastères tibétains, hotel avec eau chaude et momo.... HAAAAAAAA les momo !!!! Des sortes de raviolis aux légumes et à la viande, une tuerie!!! Depuis que les kitchen didi nous en ont concoctés, je suis accro! Je vous promets que je vais m'atteler à la tâche et à mon retour, on fera une orgie de momo, chapati (sorte de galette), dhal (soupe de lentilles pour colmater le riz) et autres délices indiens... (attention vous bavez sur votre clavier!)

Enfin, il n'empêche que la nourriture francaise me manque cruellement... Avant notre nuit de train pour Jalpaiguri, nous avons organisé un dîner surprise pour l'anniversaire d'Etienne. En Inde depuis plus de 5 mois, adepte du terroir francaise, nous lui avont dégoté du fromage francais, du vin rouge, de la salade verte... et un GROS GATEAU AU CHOCOLAT!
Parce que pour l'anecdote, nous avons su que c'était son anniversaire car un matin au petit déjeuner, je raconte mon rêve où nous sommes tous autour d'Etienne et de son gros gateau à la crème d'anniversaire, et là il me répond "C'est drôle parce que j'ai 26 ans dans trois jours!"
Pour le coup, dans un pays où les choses importantes ont du mal à êtres dites et transmises, en trois jours tout le monde savait et avait pu usé de son imagination pour les cadeaux: magnifique chemise indienne violette (!), bonbons, toblerone, fleurs, chansons...
Etienne a aussi sorti hier soir sa dernière boîte de foie gras tout spécialement envoyé par sa famille pour Noël... (il n'y a aucun sous-entendu derrière cette simple remarque, enfin si vous voulez me faire plaisir, y a pas de mal non plus...........................................................!)
Bientôt, après le téléphone portable indien, je pourrais enfin poser mon baluchon et déballer mes affaires à une adresse fixe que je m'empresserais de vous transmettre!

En espérant pouvoir poster cet article demain avec photos à l'appui... je pense fort à vous tous et vous remercie encore pour tous vos mails pour lesquels je n'ai malheureusement pas toujours le temps de répondre, Internet ne fonctionnant qu'aléatoirement et l'ordinateur étant toujours occupé, nous regardons nos mails à la chaîne en dix minutes chronos!

Bon, comme ca devient une habitude, je posterais les photos une prochaine fois, hehe!

mercredi 27 janvier 2010

Remontons quelques jours en arriere...














Je prends quelques minutes en ce jour de .... holidays (!) pour vous décrire ces derniers jours forts en nouvelles expériences!!!

Vendredi, nous avons passé notre première journée à Kolkata avec Mathilde et Florence. C'était aussi notre premier trajet en taxi! A 150-200 roupies pour aller jusqu'au centre de kolkata, en pouvant monter à 6 dans le taxi, je vous laisse calculer! "Mais et la ceinture?!" me direz-vous, hé bien que nenni, de toute facon il y en a pas, ca règle le problème! Nous avons donc visité le marché aux fleurs, situé juste en dessous du Howrah Bridge, magnifique dédale de couleurs éclatantes, des fleurs, des fruits et des épices à foison! Nous nous sommes ensuite dirigées vers le New Market, le grand marché couvert de Kolkata, ses stands de djoulidals, de saris et de châles, de produits d'hygiènes cotoyant les poulets encore vivants (quoique plus pour longtemps) dans des odeurs parfois insoutenables! C'est sans compter sur les rabatteurs, ne te làchant pas d'une semelle pour que tu les suives à leur boutique, tu as beau leur dit "NAAAAAA", rien n'y fera!
Nous avons déjeuner non loin de là au "Blue sky cafe", un lieu de retrouvailles des voyageurs en mal du pays, je n'ai pas résisté longtemps en regardant la carte: UN BURGER!!!!!! Mon premier burger indien, pour environ 75 centimes d'euros ca ne se refuse pas: oeufs, fromage et poulet pané, une merveille pour les papilles! Ô riz adulé, pardonne mon infidélité...
Une fois rassasié, nous voilà parées pour affronter le New Market! Et deux djoulidals, des sandales qui puent la chèvre (véridique!) et une serviette de toilette (blanche, hoho....) plus tard, nous voici reparties pour Howrah, c'est que la nuit tombe dès 17h30 ici (nous n'avons pas encore réussies à savoir si les jours rallongaient ou pas).

Samedi, Double Holidays!!!
Grand jour de fête à Ashaneer, jusqu'à tard hier soir, les didi et les enfants ont lustré, nettoyé et fait briller le centre de bas en haut! Nous avons décoré avec des petits drapeaux, du papier crépon et de la colle non-identifiée les moindres recoins! Nous nous sommes donc retrouvés à clamer "Viva India" devant le portrait d'un homme inconnu au bataillon mais qui est adulé de tous les indiens présents! Plus tard dans la journée, nous avons appris qu'il s'agissait d'un homme qui voulait obtenir l'indépendance de l'Inde (jusque là, vous vous dites, mais quelle inculte, c'est Ghandi!!)... par la guerre, "give me the blood and I give you liberty. Il aurait pactisé avec Hitler ainsi qu'avec les japonais à l'époque... Pas de quoi lui dédier un holiday pour nous européens!
Mais la journée ne fait que commencer et déjà la pression est palpable: les Indiens d'habitude si zen sont tous sur-excités! Aujourd'hui, c'est le Grand jour de l'inauguration de la nouvelle salle informatique! "The family credit", la branche indienne de la Société Générale offre généreusement 15 ordinateurs (d'occasion) au Centre. Pour fêter cela, un défilé de VIP sont attendus: Le directeur de la banque et sa femme (une blonde maquillée comme un camion volë pour l'occasion" pour reprendre Léo!), le Consul de France à Kolkata, des Germans doctors (qui viennent opérer des enfants en Inde régulièrement) et quelques autres invités selects triés sur le volet! Nous avons donc sorti nos magnifiques djoulidals pour l'occasion (sans les sandales!)...
Après les discours dans un anglais approximatif et les danses des enfants, nous voici, les 5 volontaires francais (Ô comble de l'horreur!), à chanter "C'est un fameux trois mâts fin comme un oiseau hisse et ho Santiano!!" devant toute l'assemblée... Grand moment de solitude qui se répéta dans l'après-midi quand nous avons présenté un petit madisson aux enfants!
Enfin, cela n'a pas empêché le Consul de nous offrir 5 invitations pour un concert à Kolkata le lendemain soir, ca tombe bien c'est holidays!

Dimanche, journée chargée, nous voici en route tous les 5 pour Kolkata, en bus cette fois ci! 8 roupies, 20 minutes et une lecon de promiscuité plus tard, nous voici littéralement jetés devant l'Indian Museum (Choc culturel: ici, les bus n'ont pas de portes qui ferment, on comprend mieux pourquoi quand on découvre que le bus ne s'arrête jamais, tout au plus il rallentit!!!).
L'Indian Museum, pour 150 roupies (contre 10 roupis si vous êtes indiens!) est un dédale de salles dont le contenu varie des plantes médicinales aux statues de Shiva et Vishnu, aux fossiles, aux tissus indiens jusqu'aux foetus humains dans du formol... on ressort de là un peu sonnés et amusés par l'état du musée: il y a un avant et un après l'Indian Museum, on ne visitera plus un musée de la même facon maintenant!
En passant devant le Blue Sky Cafe, nous n'avons pu résister à l'appel de la nourriture occidentale et ni une ni deux, me voici attablée devant... UN BURGER (again)!!
L'estomac bien rempli, nous partons pour "The tollygunge Club" pour assister au concert de Titi Robin en plein air, en métro cette fois-ci, 6 roupies le ticket et interdiction formelle de prendre des photos! Entre le quotidien des gens de Howrah et ce genre de soirées, nous traversons deux mondes, deux Inde qui ne se mélangent pas. Après avoir serré la main au Consul, direction le bar où contre 65 roupies nous nous offrons notre première bière indienne, assis dans l'herbe, en regardant les étoiles, les oreilles rempli de jazz manouche avec un percussioniste surdoué! Moment magique et unique, entourés de tout le gratin indien et de nombreux expatriés, nous savourons le bonheur intense et inexprimable d'être toujours surpris par ce que nous offre l'Inde... Nous rentrons en taxi, avec un sourire béas qui ne s'éteindra pas...

Tapati Di nous a convoqué avec Mathilde (pression intense!), nous avons discuté toute l'après-midi durant en anglais de notre mission! Nous sommes ressorties de là, la tête comme une pastèque avec toujours autant de questions sans réponses!!! Je commence a observer les enfants handicapés dans les activités quotidiennes car finalement un certain nombre d'enfants, que nous n'avions pas vu dans un premier temps, ne sont pas autonomes... travail titanesque mais j'ai déjà quelques idées d'adaptations peu coûteuses, pour le reste on verra au fur et à mesure!

Aujourd'hui, 26 Janvier, jour de Holidays car nous fêtons l'Indépendance de l'Inde (je crois que le plus simple serait que je vous annonce officiellement le jour où les vacances seront terminées, si elles se terminent un jour!)
J'ai assisté ce matin à la douche des enfants handicapés, deux nouveaux chocs culturels: ils utilisent du dentifrice Colgate en poudre qui mousse avec l'eau et après avoir pris leur shampoing, ils mettent de l'huile sur leurs cheveux, ce qui me donnait l'impression qu'ils avaient toujours les cheveux sales!
Puis, une association caritative de riches indiens est venue animer des jeux avec les enfants pour la journée, toutes les didi étaient surexitées: il y avait un beau-gosse et elles voulaient toutes une photo avec lui!!!!! J'ai donc essayé de le prendre incognito, et après m'être fait griller par Tapati di(!), voici une des rares photos potables, vous excuserez le flou mais j'ai du faire un méga-zoom! Un concours de dessin a été organisé, des courses de vitesse, des danses ainsi qu'un goûter et la distribution de matériel pour le centre.
Encore une journée bien remplie! Cela ne m'empêche pas de bien penser à vous, merci pour vos messages sur le blog, merci pour vos mails, c'est toujours une joie de vous lire!

PS: Internet ne fonctionnant que quand il a envie, et aujourd'hui etant un jour sans, je rajouterais les autres photos (et pas des moindres ^^)des que possible...!!

samedi 23 janvier 2010

Mercredi 20 Janvier: Pudja Day (ou Pujjah Day ou Puja Day... enfin le jour de la prière quoi!) où "Comment tous les jours depuis Dimanche sont "Holida























Chaque jour depuis Dimanche est un jour de fête OU un jour de préparation de fête, dans les deux cas, c'est un jour de vacances! Je lance un appel à tous les cancres de France et d'ailleurs à venir me rejoindre, il n'y a pas mieux que l'Inde pour faire l'école buissonière!

Enfin, ils doivent tout de même bien travailler de temps en temps car aujourd'hui c'est la fête en l'honneur de la déesse des écoliers et des étudiants (!): Du coup, nous avons inauguré notre premier sari prêté par une didi! Nous avons été bichonnées, habillées, maquillées sous les ordres de Marufa (une Indiene de 14 ans, magnifique, adorable et parlant anglais, bengla et la langue des signes! C'est elle que vous voyez en Sari, tenant un babou (un bébé!) dans les bras...) à grands renforts de rouge à lèvres, vernis à ongles, et last but not least DES BRACELETS!!!!!! On a du dormir une nuit avec ordre de ne rien casser, c'est à dire dormir immobile les bras en équerre au dessus de la tête, je vous laisse imaginer ce douloureux moment!!!! Photo ci-jointes pour voir le résultat de tant de sacrifices!
Ce fut l'occasion de sortir nos appareils photos et de mitrailler tout ce qui bouge! Enfin, on a vite eu envie de le ranger quand des hordes d'enfants sortant de nulle part nous agripaient de toute part en demandant à être photographié avec untel ou sans untel toutes les trois secondes!
Toutes les filles avaient sorti leurs sari ou leurs plus beaux djoulidal (la tenue indienne composée d'un pantalon bien long et d'une tunique) alors que les garcons s'étaient habillés à l'occidental (des années 70! Les pantalons pattes d'ef sont trés fashions en Inde!)
Et après avoir attendu des heures qu'il se passe quelque chose, une prière a été expédiée en une demi-heure, le Brahman a même répondu à son portable au beau milieu d'une incantation, du délire!
That's Pudja Day!

Le soir, les enfants nous ont chanté une chanson de bienvenue et nous ont offert des colliers d'oeillets d'Inde (J'avais jamais fait le lien!), c`était un moment très émouvant pour nous, c'est là qu'on se rend compte de l'intensité de l'aventure humaine que l'est en train de vivre et de la chance que l'on a d'être ici pour une année...

Avec Léo, Etienne et Mathilde, nous réfléchissons à ce que l'on va pouvoir proposer à Ashaneer, les idées fusent, plus ou moins réalisables: Construire un cirque avec un atelier de jonglage, fabriquer un four pour lancer un nouveau "WorkShop" de vente de biscuits (Les jeunes du centre fabriquent déjà des bougies, du produit pour la lessive, des cartes postales etc), un programme de brossage de dents pour les plus jeunes, la création d'un forum pour volontaires et anciens volontaires pour travailler dans la continuité des bénévoles qui nous ont précédés...
De plus, avec Mathilde et Florence, nous partons pour Jalpaiguri dans une semaine visiter les 4 autres centres de HSP afin d'évaluer là-bas quels sont les besoins afin de proposer un programme (certainement 5 mois à Howra puis 5 mois à Jalpaiguri).

En tout cas, sil y a un cliché de l'Inde qui est bel et bien véridique c'est l'impossibilté de se retrouver seul!! Avec Mathilde, nous avions besoin de calme, nous sommes donc sorties du centre se ballader dans Andul Road, grossière erreur: tout le monde nous regarde, forcément nous sommes les seules blanches à des kilomètres à la ronde (Howrah n'est pas du tout un quartier touristique) et les concerts de klaxons sont presque plus fatiguants que les cris des enfants!
Conclusion: Le seul endroit (relativement) paisible est la terrasse qui se situe sur le toit du centre, là où le linge sèche, là où nous pouvons boire un "tea with milk" en regardant le coucher du soleil, là où nous pouvons refaire le monde en écoutant les enceintes des voisins cracher de la musique Hindi ( Il faut vraiment qu'on emprunte des CD aux jeunes!)

En apparence, il ne se passe rien, chacun fait sa vie dans son coin, sans savoir ce qui se passera le lendemain mais c'est finalement beaucoup plus complexe que ca et nous le découvrons chaque jour en aimant l'Inde...

Quelques clichés des enfants, de nos Saris et de notre Home Sweet Home...

PS: Hier soir, quelle ne fut pas notre surprise en découvrant pour le dîner que les didi nous avaient spécialement concocter......... DES FRITES!!!!! Des vraies frites maison, comme celles de Mamie! L'Inde nous surprendra toujours!